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Jubilé des 50 ans, en famille !

Publié le 13 décembre 2025

Jubilé des Frères de Saint-Jean à Banneux

Tout en couleur, jaune et rouge, vert, blanc et bleu, au grès des fleurs de Maggy, des nappes et des ornements liturgiques. Cette harmonieuse diversité reflétait bien, en ce samedi 13 décembre du Jubilé de l’Espérance, celle des 70 visages de toutes origines et de tous âges, variée de caractères, en richesses et en pauvretés. Diversité si complémentaire aussi, de ces membres vivants de l’Église, unis dans l’action de grâce pour préparer et vivre une fête.

Mais pourquoi une fête ? Certes 50 ans c’est encore jeune comparativement aux Ordres plus anciens, nos racines, mais c’est tout de même un demi-siècle, de quoi avoir traversé déjà bien des rivières, des fossés ou des tempêtes… et des victoires !

Pour commencer ce jour, une belle conférence, historique, ecclésiale et pastorale, donnée par notre Père-évêque, nous fit revivre avec lui – à l’époque où il était jeune séminariste à Rome -, la période post-conciliaire, non sans turbulences, où naquit la Communauté Saint-Jean. Le jour même de cet enfantement le 8 décembre 1975, exactement dix après Vatican II, Paul VI donnait à l’Église une magnifique exhortation apostolique, et prophétique à plus d’un titre ! : Evangeli nuntiandi.

Puis la messe, joliment animée et concélébrée par 12 apôtres (!), fit goûter à tous l’une des plus belles pages du disciple bien-aimée – Jn 15, 9-17 – dont Mgr sût extraire, moyennant un verre d’eau (vive !) à la rescousse, l’Amour révélé par Notre Seigneur.

À la sortie, sur le parvis abrité, un apéritif bien présenté – servi par les oblats et frère Alain-, attendait les enfants de saint Jean, après une photo souvenir… pour le smartphone épiscopal !
La clochette du repas retenti alors pour le banquet ; là, des surprises hautes en couleurs nous attendaient. En primeur, deux nouveaux chants pleins d’actualité – Fratelli tutti et Espéranza -, bientôt mis en musique par notre frère rappeur, et bien sûr, la vie est belle déjà bien connu ; vint ensuite un chant plein d’esprit, sur un air de Joe Dassin, écrit et interprété par les oblats, retraçant l’arrivée des frères à Banneux, tout en souriant sur leurs originalités ; un mot subtil de notre supérieur évoqua après cela les débuts de la Communauté, et enfin arrivèrent les impressionnants gâteaux de Fabienne, ornés d’un logo-pâtissier… celui de Saint-Jean !

Mais le timing était largement dépassé et nous devions à tout prix aller remercier celle sans qui rien, absolument rien, ne pourrait se faire ni en famille ni à l’ombre de notre père saint Jean, celle qui, le 8 décembre 1975 en la chapelle de la Sainte Trinité sur l’île de Lérins, enfanta notre Communauté vers de belles aventures où les surprises ne manqueraient pas, celle auprès de qui nous avons tout déposer, souvenirs et avenirs, « comme dans sa sacoche », dixit frère Johan : la Vierge des pauvres, Mère de Dieu, Mère du Sauveur… notre Mère. Marie accompagnait note démarche jubilaire jusqu’à la Source avant de nous envoyer, tels les 72 disciples, crier Evangeli Nuntiandi !

Homélie de la messe de clôture du Jubilé par Mgr Delville, Évêque de Liège

Publié le 13 décembre 2025

Homélie de Mgr Delville

L’Amour dans saint Jean

Chers Frères et Sœurs,

Un peu le testament de Jésus

C’est une joie pour nous tous de fêter aujourd’hui l’anniversaire des 50 ans de la fondation de la congrégation des Frères de Saint-Jean. Et pour cela, nous avons entendu un passage de l’évangile de saint Jean, consacré à l’amour.

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,17). Cette célèbre parole de Jésus est au cœur de notre foi. Nous venons de l’entendre dans l’évangile selon saint Jean (Jn 15, 9-17). Jésus l’a prononcée à son dernier repas avec ses disciples, juste avant de mourir. C’est donc un peu le testament de Jésus. Les dernières paroles que quelqu’un dit avant de mourir, on s’en rappelle toute sa vie. C’est le cas ici avec les dernières paroles de Jésus à ses disciples.

Des paroles clé

Si Jésus n’avait pas partagé le repas de la dernière Cène avec ses disciples et n’avait pas laissé son message d’amour, nous ne serions pas ici. Les disciples n’auraient pas été préparés à affronter la mort de Jésus, ils n’auraient pas reconnu sa résurrection et ils n’auraient pas renouvelé son geste d’amour par l’eucharistie, car ils n’auraient pas entendu la parole clé de Jésus : « Faites cela en mémoire de moi ». La dernière Cène de Jésus et les paroles qu’il y a prononcées, sont la clé de la diffusion de son évangile et la clé de la naissance de l’Église.

Recevoir l’Amour pour grandir

Cet amour dont parle Jésus ne vient pas seulement de lui-même. Il ajoute : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous aimés ». Donc Jésus se sent d’abord aimé par le Père. Il faut d’abord être aimé avant de pouvoir aimer les autres. C’est parce qu’on a été aimé quand on était petit enfant qu’on peut aussi aimer les autres plus tard. On a d’abord reçu l’amour avant de le donner. L’amour qu’on reçoit quand on est enfant est ce qui nous fait grandir et nous développer.

Si on n’avait pas reçu d’amour comme enfant, on resterait handicapé toute sa vie, on ne pourrait pas se développer comme adulte. Donc l’enfant pour grandir a besoin non seulement de nourriture, de boisson, de vêtements, mais d’amour. Sans cela, sa vie ne se développerait pas. C’est cela qui fait que nous sommes différents des animaux. Un petit éléphant quand il naît, il se met sur ses pattes et il marche tout de suite ; il est directement autonome. Même un petit chat, quand il naît, il se met très vite à marcher, à attraper des souris et à se nourrir tout seul. Mais un enfant, il lui faut deux ans pour apprendre à marcher, trois ans pour apprendre à parler et se débrouiller ! et durant ces années, s’il n’a pas reçu d’amour, il va rester à un stade sous-développé. Pourquoi donc avons-nous besoin d’amour pour grandir ? C’est le mystère de la vie humaine ; et ce qui en fait sa beauté. Grâce à l’amour, nous entrons en relation les uns avec les autres, nous pouvons nous intéresser à tous les êtres humains, nous ne sommes pas limités à notre famille et à nos amis.

D’où vient cet amour ?

Bref c’est l’amour qui est le propre de l’homme, l’amour au sens de l’affection, pas seulement au sens de l’amour sexuel ou l’amour passion. Sans l’amour nous ne serions pas là, nous ne serions pas vivants et épanouis. Mais d’où vient cet amour qui nous précède toujours, qui est toujours là avant nous ? Jésus nous donne une réponse : cet amour vient du Père. Dieu est un père qui nous aime. Il est l’amour qui nous précède et qui se communique à nous par nos parents et nos amis. Il est la source de l’amour qui nous est donné.

Il est un amour qui se diffuse : c’est la mission des Frères de Saint-Jean. Vivre l’amour pour le diffuser. « Je vous ai choisis, dit Jésus, pour que alliez et que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure ». Ce fruit demeure depuis 50 ans.

Alors, en ce jour de fête, demandons au Seigneur de recevoir cet amour et de le diffuser.

Notre monde a grand besoin de cet amour. Alors soyons tous dans la joie, et soyons des témoins de l’amour dans le monde d’aujourd’hui. Amen ! Alleluia !

Banneux, 13 décembre 2025 – Mgr Jean-Pierre Delville, Évêque de Liège

Evangelii nuntiandi: l’exhortation apostolique du pape saint Paul VI sur
l’évangélisation (1975)

Lecture synthétique par Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Pèlerinage des Oblats de la Famille Saint-Jean à Banneux

Publié le 1 juin 2025

Pèlerinage des Oblats de la Famille Saint-Jean à Banneux

Pendant quatre jours autour de la fête de l’Ascension, le prieuré de Banneux a accueilli les Oblats de la Famille Saint-Jean de la Province d’Europe. Sous la protection de la Vierge des Pauvres et de leur père saint Jean, étaient rassemblés 40 pèlerins de 9 nationalités différentes, 8 frères des prieurés européens et une sœur apostolique venant de Lituanie.

Les sœurs contemplatives de la Province ont marqué leur présence par un petit cadeau offert à chaque participant.
Le R.C.O. a réussi sa mission grâce à ce pèlerinage bien équilibré entre enseignements, découverte du sanctuaire et réflexions sur la place des oblats dans la Famille Saint-Jean. Ensemble ils ont exploré comment vivre l’esprit johannique au sein de leur fraternité, sur le plan tant spirituel qu’humain. La barrière linguistique, qui aurait pu freiner la dynamique du pèlerinage, a été facilement surmontée grâce à des traductions simultanées.

Ce pèlerinage a permis d’établir des liens très forts, qui étaient déjà présents sans que tous en prennent conscience. Une suggestion a été lancée afin que la Vierge des Pauvres soit la patronne des oblats attachés à la Province d’Europe.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas les oblats de la famille Saint-Jean et qui se posent des questions sur ce qu’est un oblat (pourquoi des laïcs s’engagent-ils dans la famille Saint Jean comment vivent-ils cet engagement au sein du monde et de la Famille Saint-Jean ?) une retraite sera organisée du 7 au 9 novembre 2025 au prieuré de Banneux. Cette retraite des oblats est ouverte à ceux et celles qui souhaitent découvrir la spiritualité johannique.

Reprise d’un pèlerinage… très johannique !

Publié le 24 mai 2025

Un pèlerinage très johannique !

Du sanctuaire de Banneux-Notre-Dame au sanctuaire de Sainte-Julienne de Cornillon, la Vierge Marie nous conduit à Jésus-Eucharistie.

Ce n’était pas une marche ni une excursion mais un Pèlerinage, allant, avec Marie, vers Jésus-Eucharistie. Thème on ne peut plus johannique ! La reprise de ce trajet béni a germé de l’année du Jubilé ; le saint-Père appelant les fidèles à être des « Pèlerins de l’Espérance ».

D’un sanctuaire à l’autre

Quelle grâce d’être porté par la force et l’attrait de ces lieux bénis, partant de la source de la Vierge des pauvres pour descendre jusqu’où Notre Seigneur voulu qu’une sainte interpelle l’Église pour instituer la Fête-Dieu.
Surpris de n’être que douze, alors que tout était prévu pour quarante (!), ce nombre symbolique nous motiva à vivre un chemin au cœur de l’Église.

En effet, pèleriner est symbole d’espérance car marcher c’est avancer, à rythme d’homme, en méditant, en priant, en échangeant. Oui, c’est le bonheur, profond ou simple, d’être avec Dieu, avec des frères et sœurs en Jésus-Christ, avec la verte nature, ses champs ou ces calmes vaches qui nous regardaient passer.

Oui, l’Église du Ressuscité est toujours en marche… poussée par l’Esprit vers la Terre promise, la Jérusalem Céleste.

« Depuis que j’ai redécouvert ma Foi, je n’ai pas plus d’espoir, mais une véritable espérance ». Un des pèlerins, fort attaché à notre mère la Terre qu’il voit en péril.

En marche !

A 8h, bénis chaleureusement par Léo, recteur de Banneux-Notre-Dame, nous partîmes donc, gourdes pleines et mains trempées (dans la source), après avoir échangé les intentions de prière qui nous valaient d’être pèlerins ce jour-là.

Les 26 ou 27 kilomètres parcourus ce samedi 24 mai furent variés : alternance de paysages fleuris, de forêts d’arbres majestueux ou de quartiers citadins sans beauté ; de nuages blancs, gris, bleutés… ou perlant de gouttes fraiches ; de montées escarpées – qui surprirent certain(e)s ou de tranquilles descentes bienvenues ; de chants entrainants, voir dansants, ou de rencontres et d’échanges par deux ou par trois ; ou encore de silences habités et le chant inspirant des oiseaux ; le tout rythmé bien sûr par des pauses « réflexions-café », accueillis chez un ami de la Providence ou au Carmel de Mehagne ou encore par de jolies prairies et de beaux arbres-parapluie.

Arrivé le long de la Meuse à Liège, nous avions prévu, en suivant la bannière mariale, d’annoncer l’Évangile par mode d’invitation à la messe finale. Mais la pluie écartant les touristes du samedi encouragea les Pèlerins à vaincre gouttes et fatigues par un deuxième chapelet puis, en arrivant à 17h à Sainte-Julienne par les quartiers populaires, un troisième chapelet glorieux nous disposa royalement à la messe, sommet du jour.

Ce fût clairement un Pèlerinage Marial Eucharistique, source d’amitié, de joie et, nous l’espérons, de sainteté, béni par le Ciel de Dieu au-delà du ciel nuageux !

Frère Hubert-Marie et la team organisatrice

Comment entrer dans la connaissance personnelle du Christ ?

Publié le 9 février 2025

Zachée ou Comment entrer dans la connaissance personnelle du Christ

Interview de frère Timothée

Frère Timothée, le sujet de la retraite que vous avez prêché en février dernier atteint finalement le cœur de notre vie chrétienne : pouvez-vous nous en donner la quintessence ?

C’est assez simple : nous apprenons à connaitre quelqu’un personnellement en faisant des choses ensemble. Et c’est déjà un début de relation qui peut nous ouvrir à une relation plus profonde. L’amitié étant sûrement, au niveau humain, la relation la plus profonde.
En définitive nous constatons en lisant l’Évangile que cela fonctionne de la même manière avec le Seigneur, à ceci près qu’au point de départ cette relation réclame une révélation divine qui est une initiative de Dieu envers nous.
Le Seigneur appelle ses disciples et en fait immédiatement ses coopérateurs : « je ferai de vous des pécheurs d’hommes ». Ainsi ils vont travailler (« faire ») avec lui tout au long des trois ans passés ensemble et tout au long de leur vie. Puis au cours de la Sainte Cène, le Seigneur leur déclare ; « je ne vous appelle plus serviteurs mais mes amis… » Au-delà de ce qu’ils font pour lui comme serviteurs ils se retrouvent dans une relation d’amitié avec lui et par cette relation ils vont pouvoir le connaître de plus en plus personnellement.

N’est-ce pas finalement une sorte de parcours spirituel que vous proposez ?

Je ne pense pas. Il ne s’agit pas d’une méthode de spiritualité chrétienne. C’est simplement notre vie qui est ainsi faite et le Seigneur vient nous rejoindre tels que nous sommes.
Ceci étant dit, nous pouvons chercher à nous mettre temporairement au service du Seigneur pendant notre carême : cela nous aidera sûrement à le fréquenter davantage, pourvu que ce service regarde plus le Seigneur lui-même que les projets que nous faisons pour lui.

Quels évangiles vous ont le plus inspiré, éclairé sur ce sujet ?

Essentiellement Matthieu 16, 13-23 : la confession de foi de St Pierre.
Jésus commence par montrer que le connaître personnellement n’est pas affaire d’opinions humaines sur lui, quand bien même ces opinions sont teintées de foi. Ensuite il dévoile à Simon-Pierre l’initiative invisible du Père qui révèle son Fils. Puis Jésus lui confie une mission, (quelque chose à faire à son service) : « tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église ». Enfin la révélation plénière du Seigneur passe par le mystère de la Croix : Jésus annonce sa Passion. Dans un 1er temps Pierre la refuse ! Sûrement par amour généreux pour son maître : il veut le protéger. Ce projet de Pierre durera au moins jusqu’au jardin des oliviers où nous constatons qu’il est encore prêt à donner de l’épée1. Seulement Jésus le lui a dit : « tes pensées ne sont pas celles de Dieu… ». Lorsque nos projets commencent à passer devant les personnes ce n’est jamais bon et c’est encore pire vis à vis du Seigneur.

La philosophie est-elle nécessaire pour mettre ce chemin de connaissance personnelle en lumière ?

Oui et non. Oui, si nous voulons mieux comprendre, la philosophie est nécessaire pourvu qu’elle soit saine. Le Seigneur ne décrypte pas tout dans la Bible. C’est par nous-même que nous devons découvrir les réalités humaines « avant » la foi. Et non, car c’est simplement notre expérience commune. Même si nous n’étions pas pleinement conscient de tout ce qu’implique notre vie nous pourrions quand même avancer à tâtons. L’homme, de toutes façons, fait des choses humaines.

D’où vous est venu l’idée de prêcher sur ce thème ?

Je dirais que cela vient principalement du chapitre 17 de l’évangile de saint Jean : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jn 17, 3). Nous retrouvons la même démarche dans beaucoup de passages des évangiles : par exemple avec Zachée Luc 19, 1-10 ; « Entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville. Et voici un homme appelé du nom de Zachée… il cherchait à voir qui était Jésus ». C’est encore la question qui est au cœur de la confession de foi de St Pierre dans Matthieu 16 : « pour vous qui suis-je ? » Si le Seigneur pose la question ce n’est pas par crise identitaire mais pour que nous la fassions notre car c’est une question essentielle pour nôtre vie chrétienne.

1 Lorsque la réalité nous fait mal nous risquons toujours de nous réfugier dans nos idées/projets.

Interview RCF de frère Timothèe du prieuré des Frères de Saint-Jean à Banneux

Décès de frère Marie-Élie

Publié le 28 janvier 2025

Frère Marie-Élie

Frère Marie-Élie a rejoint la maison du Père jeudi 23 janvier matin après quelques jours de coma. La providence a fait qu’il était « entouré de ses deux familles », son frère Jean et notre frère Jacob l’ayant veillé toute la nuit. Ses funérailles ont eu lieu le mardi 28 janvier à 10h00 à l’Église Saint Pierre à Chalon-sur-Saône, avant son enterrement à Rimont.

Frère Marie-Élie est entré dans la communauté en août 1984, à l’âge de 18 ans. Il a fait dans la communauté un parcours de quarante années, envoyé après sa formation initiale successivement dans quatre des provinces actuelles : la France dans laquelle il était affilié depuis l’érection de la province (Chalon-sur-Saône 1992-94, Souvigny 94-97, Saint-Quentin 2001-2002, Murat 2002-2007, Corbara 2020-2021, Cotignac 2021-2022), l’Afrique (Batouri en stage en 1988-90, et Yaoundé où il a été Principal du collège Vogt 1997-2001), l’Amérique (Saint-Jérôme 2007-2009 puis Terrebonne où le prieuré s’est déplacé 2009-2014), l’Europe (Bologne 2015-2020 et Banneux où il a eu sa dernière assignation à partir de l’été 2023).

Il a servi ses frères comme prieur à Saint-Jérôme, Bologne, Corbara, Cotignac et Banneux, et aussi comme conseiller du Prieur général pendant deux mandats : de 2016 à 2019 avec frère Thomas – il était alors Vicaire d’Europe-Sud, et de 2016 à 2022 avec moi-même – il était alors Vicaire d’Europe-Sud et de France-Sud, charges auxquelles il s’est donné sans compter.

L’année 2022-2023 a été pour lui une année sabbatique, pendant laquelle il a repris des forces auprès de sa famille, chez son frère Jean et sa belle-sœur Sophie (chez lesquels il a été accueilli deux ans plus tard pour les trois derniers mois de sa vie). Une des premières activités apostoliques qu’il avait alors pu reprendre avait été d’accompagner des pèlerinages en Terre Sainte, la terre où Dieu s’est incarné, pour laquelle il avait un amour profond et communicatif.

Rendons grâce pour sa vie donnée, pour le bien qu’il fait par sa prédication, son écoute, son humour, et de bien des manières.

Ouverture de l’année du Jubilé de l’Espérance

Publié le 23 décembre 2024

Avant Noël 2024, le recteur du Sanctuaire ouvrait l’année par un bel enseignement sur l’Espérance.

À la porte

« Voici que je me tiens à la porte et je frappe… ! » (Ap. 3,20). Cette parole de Jésus a inspiré Thérèse de Lisieux. Elle a peint un tableau qu’elle a offert à sa sœur Céline.
Nous avons fait agrandir ce tableau et l’avons placé à la Porte Sainte, où se rendent les pèlerins en cette Année Sainte, notamment en faisant le chemin de prière. Malheureusement, il nous est interdit d’ouvrir la Porte Sainte.
Contrairement à 2016, année sainte extraordinaire de la miséricorde, ce privilège est réservé cette fois-ci aux basiliques romaines. Loin de nous l’idée de nous plaindre, mais plutôt de reconnaître devant cette peinture ce qui est essentiel : ouvrir la porte de notre cœur à Jésus et l’inviter à entrer dans notre vie. Cette interprétation du verset de l’Apocalypse est sans aucun doute permise, mais elle ne rend pas vraiment justice au texte du dernier livre du Nouveau Testament.
En effet, au nom de Jésus, l’apôtre Jean adresse sept lettres à sept églises d’Asie mineure (l’actuelle Turquie). Ces sept lettres sont très courtes et tendent un miroir à chaque Église, l’encourageant à faire son examen de conscience. La septième lettre est adressée à la communauté chrétienne de Laodicée.
Le diagnostic est plutôt accablant !

« Je me tiens à la porte… »

Jésus n’est donc plus à l’intérieur avec ses disciples. On dirait qu’on l’a mis à la porte ! Jésus n’est plus au centre de la communauté, apparemment on pense pouvoir se débrouiller sans lui. Jésus est mis à l’écart. Le Christ ne doit-il pas être au coeur de toute communauté pour qu’elle soit vraiment chrétienne ?
« Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui », dit Luc (4,20) au début de l’évangile. Et tout à la fin : « Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : La paix est avec vous ! » (Lc 24,36).
Comment se fait-il que l’Église de Laodicée ait banni Jésus de son sein et l’ait mis à la porte ?

« Je ne manque de rien ! »

À la fin du 1er siècle, Laodicée est la ville la plus riche de la province romaine de Phrygie. L’économie est en plein essor. Deux secteurs se distinguent particulièrement. Un onguent pour les yeux particulièrement efficace est exporté dans le monde entier. Le commerce du drap est en plein essor et les personnes fortunées achètent les étoffes les plus fines. On recommande même aux Romains de confier leur argent aux banques de Laodicée. Nulle part ailleurs, il n’y avait un tel taux d’intérêt. La communauté chrétienne profite également de cette richesse. « Je suis riche et prospère, et il ne me manque rien, » disent les chrétiens avec fierté ! La richesse leur permet de faire de bonnes œuvres, qui sont distribuées avec générosité. Le bon Dieu devrait s’en réjouir et les féliciter !
Mais Jean, le perspicace, voit les choses tout autrement. La communauté se berce d’illusions. Le diagnostic de Dieu fait apparaître une toute autre réalité : « Tu ne sais même pas que tu es misérable et pitoyable, pauvre, aveugle et nu ». (v. 17).
De toute évidence, les apparences sont trompeuses et la communauté devrait être bouleversée par le diagnostic…

« Tout te manque ! »

« Je connais tes œuvres », dit Jésus. Mais il ne s’en réjouit pas du tout. Au contraire, il les trouve « à vomir ». Qu’est-ce qui rend ces œuvres si pitoyables ? L’apôtre Paul nous le dit sans ambages : « J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. » (1 Cor. 13,3).
Les œuvres des chrétiens de Laodicée ne sont pas des œuvres de charité, des œuvres de miséricorde. C’est comme si je jetais quelques pièces à un mendiant sans même lui accorder un regard. Certes, le sort du mendiant ne me laisse pas complètement indifférent… mais mon aumône perd de sa valeur, je reste un chrétien « tiède » si la compassion et la sollicitude ne m’animent pas. Le feu de l’amour ne brûle pas en moi.

« Un bon conseil : achetez de moi ! »

Or, c’est précisément ce feu de l’amour que Jésus propose. Il est bien plus précieux que l’or et l’argent, il est le véritable trésor à acquérir. Ici aussi, nous nous souvenons de l’hymne à l’amour chanté par Paul : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité, mais la plus grande des trois, c’est la charité ». (1 Cor. 13,13) Pourquoi est-elle la plus grande ? Parce que Dieu lui-même est l’amour et qu’il se donne à nous, aujourd’hui et pour l’éternité.
Jésus nous propose aussi le vêtement blanc du baptême. Nous devons le porter « pour ne pas rester nus ». Je pense inévitablement à François d’Assise, qui rend ses précieux vêtements à son père (qui était un riche marchand de tissus) et qui confesse : « À l’avenir, je n’ai plus qu’un seul Père, celui qui est aux cieux ». Une confession radicale du baptême et de la filiation divine qui nous est offerte.
Jésus offre également un onguent pour les yeux, bien plus précieux que celui qui a fait la richesse de Laodicée. Cet onguent ouvre les yeux aveugles des chrétiens de la ville et leur permet de voir et d’aller à « l’essentiel ».
« Prends donc au sérieux et retourne-toi ». Retourne à l’essentiel ! Que le Seigneur Jésus soit à nouveau le centre de la communauté. On l’a certes mis à la porte, mais il frappe à la porte dans l’espoir d’être entendu et de pouvoir entrer. Si la communauté ouvre, « nous allons prendre notre repas ensemble, moi avec lui et lui avec moi ». Une allusion claire et nette à l’eucharistie.
Cette merveilleuse lettre à l’adresse de l’Église de Laodicée peut être une source d’inspiration pour cette Année sainte. « Car Dieu a bien voulu leur faire connaître en quoi consiste la gloire sans prix de ce mystère parmi toutes les nations : le Christ est parmi vous, lui, l’espérance de la gloire ». (Col. 1,27 s.)
Des chrétiens rassemblés autour du Christ Jésus, remettant le Seigneur au cœur de nos communautés ! Que cette Année sainte nous aide à nous recentrer sur le Christ !

Abbé Leo Palm

75ème anniversaire des apparitions

Publié le 16 septembre 2024

75ème anniversaire des apparitions à Banneux - Frères de Saint-Jean
À droite de Mgr Kerkhofs, l’abbé Jamin, chapelain de Banneux depuis les apparitions.

2024 : il y a 75 ans l’Église reconnaissait la vérité des apparitions de la Vierge Marie en Belgique, à Beauraing puis à Banneux, à des enfants.

En effet, Notre-Dame se manifesta d’abord à cinq d’entre eux, en 1932, neuf jours avant de célébrer l’Immaculée Conception, puis elle revint à trente-deux reprises jusqu’à l’Épiphanie. Elle visita ensuite Mariette, dans son petit jardin à Banneux, huit fois entre le 15 janvier et le 2 mars 1933.

L’élan de piété populaire que suscitèrent ces deux évènements riches chacun d’un puissant message, et vite devenus des sanctuaires où affluèrent de nombreux croyants, leurs valurent d’être reconnus à peine seize ans plus tard, au terme d’une enquête attentive, par la Prudente Église.

Voici comment Mgr L. J. Kerkhofs, évêque de Liège, racontait ces seize années d’un parcours exigeant mais digne de crédibilité.
« Où en est la cause ?
Fin mars 1935, j’avais institué une commission diocésaine d’enquête. Cette même commission fut mandatée à cette même fin, peu de temps après, par S. E. le Cardinal van Roey, lorsque ce dernier fut chargé par Rome de juger tous les « faits extraordinaires » qui s’étaient produits en Belgique à partir de la fin de 1932.
Notre commission s’acquitta parfaitement de sa tâche ; celle-ci fut achevée vers le milieu de l’année 1937 (…) [par cette conclusion] : ‘’Les membres de la commission estiment que la réalité des apparitions de la Sainte Vierge à Mariette Beco est au moins probable ». (…)

Bloqué à Rome ?

Le dossier complet des travaux fut transmis au Saint-Office. Ne devait-on pas craindre qu’il n’en sortirait plus ? Rome a parfois condamné de prétendues visions ; elle n’a jamais pris elle-même l’initiative d’en approuver. On avouera que nos neuvaines, nos prières, nos sacrifices pour la reconnaissance de la cause de Banneux, surtout à partir de 1937, n’étaient pas superflus. (…)

L’année 1941 fut dans le diocèse une grande année mariale, celle qui vit la consécration publique à Notre-Dame du clergé de nos deux provinces, ainsi que de la presque totalité des paroisses ; celles-ci rivalisèrent de ferveur et de foi dans la préparation et dans la célébration de la cérémonie consécratoire.

Est-ce par une simple coïncidence ou n’est-ce pas plutôt par une disposition providentielle que le document, qui devait être décisif dans le développement ultérieur de la cause de Banneux, fût daté du 2 janvier 1942 comme en réponse à tant de prière ? Nous voulons parler du rescrit du Saint-Office abandonnant la cause de Banneux, et cette cause seulement, au jugement de l’Évêque du lieu. (..)

Une grâce en pleine guerre

Dès le 19 mars [fête de saint Joseph] de cette même année 1942, je pris officiellement position à leur sujet. Autorisant le culte de la Vierge des Pauvres, j’affirmais en même temps, comme «  probable, les réalités des faits : on peut les croire sans inconvénients et sans imprudence ». (…) Pourquoi ai-je employé le mot ‘’probable’’ ? Ce mot ne signifiait pas une restriction de ma foi personnelle. Je tenais à me conformer à la pratique de l’Église qui se soumet volontiers à l’épreuve du temps et qui de cette façon dégage l’acte définitif de tout caractère personnel.

Enfin le 22 aout 1949, pour couper court à des doutes ou à des interprétations erronées de ma pensée, je reconnaissais clairement et définitivement la réalité des apparitions de 1933 ».

Homélie de départ de frère Martin de la Croix

Publié le 7 septembre 2024

Homélie de départ de frère Martin de la Croix - Banneux

Après 4 années comme chapelain tout en préparant un doctorat sur un théologien belge, notre frère fût envoyé à La Haye. Voici les mots, pris sur le vif, de son homélie d’adieu le samedi 7 septembre 2024.

De Banneux, je retiens deux moments : la première impression, en arrivant, et au moment de partir

« Le premier moment – c’était au siècle dernier (en 1999) – fût le saisissement devant la nature de ce lieu, le paysage : un ciel d’airain, de bas nuages… argentés.
Puis, pendant quatre années… [mémoire des apparitions en] 1933, l’hiver… je compris mieux que la Vierge Marie a percé le ciel.
Venant du ciel étoilé… de très haut, très loin, d’abord vue « toute petite », puis de plus en plus proche, sur la cime des sapins.
Comme la Vierge Marie de l’Apocalypse (ch. 12), « la lune sous les pieds », dominant le monde créé.
Espérance incarnée.
Issue de générations de pécheurs (cf la généalogie de Jésus), elle est glorieuse (à l’Assomption), glorifiée, assumée dans son corps par la gloire du Ciel.
Elle est arrivée… mais vient vers nous : la contempler (comme pèlerins, au portes de la Jérusalem).
Car elle ne cesse pas d’être l’une de nous, notre sœur.
Quant à l’être, exactement comme nous ;
Quant à la grâce… en avance…
Cette cime des sapins… de Banneux, point de rencontre… ciel – terre.
Glorieuse, céleste, pourtant proche, d’autant plus proche de nous.

Au terme : une parole

Car je ne peux emmener Banneux avec moi ! Il y a une grâce propre du lieu : il faut y être. (Intentions [de prière], souvenirs, images… ne remplacent pas la réalité :
c’est ici, en ce lieu, que Marie a visité, habité, sanctifié :
c’est donc une sanctuaire, un lieu saint.
Alors une parole : « croyez en moi, je croirais en vous ». Je trouvais cela osé… en fait, c’est tout simple. Donner sa foi à quelqu’un signifie une relation d’engagement mutuel (assister mutuel, au Moyen-Age). Croire, confiance…
Qu’on se sait aimé
Que l’on aime… et que l’on veut être fidèle.
Cela implique que l’on peut compter sur l’autre et désirer être fidèle.
La Vierge Marie a l’initiative à notre égard.

Notre-Dame, Vierge Marie, je crois en vous et vous remercie de m’avoir donné de m’arrêter à Banneux, en ce lieu sanctifié par votre présence. »

Oblature régulière de frère Patrick-Marie

Publié le 23 septembre 2023

Oblature régulière de frère Patrick-Marie à Banneux

Ce samedi 23 septembre, frère Patrick-Marie faisait son oblature régulière à la chapelle saint Jean-Paul II du prieuré Regina Pacis de Banneux où s’étaient réunis des membres de sa famille et amis en présence du Prieur provincial d’Europe : frère Ignaz-Maria.

« Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. »
(Rom.8,28)